Lorraine Camerlain (Malolo)

Malolo, artiste-peintre Malolo, artiste-peintre

Démarche artistique

Depuis 2001, Lorraine Camerlain (Malolo) peint en atelier. Ayant vite abandonné le travail d’après photos, elle a choisi de se fonder sur la mémoire, les sentiments, les sensations, pour exprimer une vision sensible du monde, que ses œuvres soient abstraites, semi-figuratives ou figuratives. Pour peindre la nature, entre autres, elle préfère ne retenir que certains éléments, couleurs ou textures, ne dire que ce qui reste de ce qu’elle a observé, ce dont sa vision du monde demeure empreinte, plutôt que de reproduire ce qu’elle a vu. C’est le souvenir ou l’atmosphère qui perdure de l’intensité d’une observation, de même que le médium choisi, qui constituent les filtres par lesquels elle livre sa vision du monde. Le monde qui l’entoure et qu’elle habite, comme le monde qui l’habite.

Abordant l’aquarelle en 2001, l’artiste quitte assez vite les sentiers du figuratif et les couleurs douces imposés par la tradition. Elle s’engage alors dans l’abstraction et recourt à une forte pigmentation, bousculant là encore la tradition. Totalement abstraites ou aux confins du figuratif et du non-figuratif, ses œuvres à l’aquarelle comme ses acryliques sont très colorées. La recherche chromatique comme le choix du support (divers types de papiers – aquarelle, papier de soie, YUPO… ou toiles) lui permettent d’imposer une vision du monde très personnelle.

C’est par un geste, une couleur, une ligne ou une forme le plus souvent improvisée que Malolo amorce l’œuvre, rompt l’espace vide de la feuille ou de la toile. L’œuvre naît de l’écoute et de l’attention portée à ce qui est en train de se développer et qui compose, au sens scriptural du terme, le style particulier de l’artiste.

Malolo filtre ce qu’elle voit, ce dont elle se souvient; jamais elle ne peut s’exclure de ce qu’elle crée. Elle explore pour ce, inlassablement et jusque dans leurs marges, chacun des médiums qu’elle adopte; à l’aquarelle et à l’acrylique se sont ajoutés ces dernières années le collage, la gravure, le monotype… Elle travaille de manière que ces médiums s’enrichissent les uns les autres et n’hésite pas à recourir à la mixité technique. L’art est, pour elle, une constante occasion de recherche, le lieu par excellence de la liberté.

Malolo est née au cœur du 20e siècle, celui du pire et du meilleur, des plus sombres noirceurs, des plus lumineuses clartés. Son œuvre exprime ces contrastes, même si la clarté y domine le sombre, par le choix de l’artiste de vouloir partager le meilleur du monde, même si sa forte sensibilité la pousse à en décrier parfois le pire.